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Le pastel des teinturiers


fleurs


Le pastel des teinturiers
appelé parfois guède a pour nom scientifique isatis tinctoria ; c'est une plante bisannuelle qui pousse dans les endroits secs : terrains vagues, bords de routes, rocailles.
Il appartient à la famille des crucifères (brassicacées).

Cette plante glauque et glabre, qui peut dépasser 1 m de haut, forme la première année, une rosette de grandes feuilles allongées. L'année suivante, une forte tige se développe, elle porte des feuilles alternes sagittées (en forme de flèche) qui embrassent la tige par deux oreillettes aiguës.

Les nombreuses fleurs jaunes qui apparaissent d'avril à juillet sont groupées en grandes grappes décoratives, ramifiées, et étalées .
Les sépales, plus courts que les pétales, sont de la même couleur jaune et ont une forme oblongue. Les pétales s'élargissent vers leur extrémité.

Les fruits caractéristiques de cette plante sont des siliques pendantes, vaguement elliptiques, allongées et aplaties. Elles contiennent 1 à 2 graines.

Le pastel originaire du sud du territoire eurasiatique s'est vite répandu et constitue une mauvaise herbe mais il a cependant des propriétés fotrt intéressantes qui ne sont plus guère exploitées de nos jours.

Tout d'abord, c'est une plante médicinale à action anti-infectieuse et cicatrisante.

Ensuite et surtout, le pastel, véritable or bleu, par ses propriétés tinctoriales, a assuré pendant des siècles la prospérité de régions entières; des villes et de nombreux villages en gardent le témoignage dans leur architecture.

Dans le Midi toulousain, les feuilles récoltées et partiellement séchées étaient broyées dans des moulins pasteliers pour donner une pâte qui subissait une première fermentation et dont ont formait des boules de 10 à 15 cm de diamètre (300 à 500 g) appelées coques (en occitan coca, prononcer coco, désignait un gâteau du type galette).C'est la raison pour laquelle la région toulousaine prit le nom de pays de cocagne.
Les coques étaient ensuite mises à sécher complètement et stockées.
Plus tard, on les écrasait et on les mouillait pour déclencher une deuxième fermentation.
La pâte granuleuse obtenue alors s'appelait l'agranat qui servait de base aux teintures ; à ce stade, un an s'était écoulé depuis la récolte des feuilles et durant toutes les opérations très simplifiées ici, on avait le souci constant d'éviter le moisissement.
C'est l'oxydation à l'air du jus extrait de la pâte fermentée qui permet d'obtenir le célèbre et exceptionnel bleu pastel, de grande tenue à l'eau ou au soleil ; après mélange avec d'autres plantes tinctoriales, on obtenait des couleurs vertes, pourpres ou violettes.
La culture du pastel fut pratiquée du XIV e au XVIII e siècle, le pastel ne devint alors plus rentable à cause de la concurrence de l'indigo et ensuite des pigments synthétiques.

fruits
tige