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La jussie

jussie
La jussie ou ludwigia est une plante vivace aquatique originaire d'Amérique du Sud ou du Sud des États-Unis ; vendue chez nous au départ, pour la décoration des aquariums ou des bassins, elle est devenue une redoutable envahisseuse des milieux naturels humides et aquatiques calmes.
Elle appartient à la famille des oenothéracées ou onagracées.

Elle produit de longues tiges, pratiquement glabres, se développant horizontalement dans l'eau, sur l'eau ou la boue. Des racines blanches et spongieuses se développent sur les tiges imergées.
Les feuilles semi-persistantes supérieures, aiguës ou elliptiques et disposées de façon alterne sont rattachées à la tige par un court pétiole.

La floraison débute en été et se poursuit longtemps ; elle a un effet remarquable par la taille relativement grande des fleurs qui peuvent dépasser 5 cm de diamètre et par leur couleur d'un jaune très lumineux.
Le calice velu comporte 5 sépales aigus qui persistent après la chute des pétales. Les 5 pétales veinés sont brusquement rétrécis à leur base teintée d'orangé. Les dix étamines sont dépassées par le pistil nettement plus long.
Les leurs sont solitaires et partent de l'aisselle des feuilles supérieures ; la tige florale est droite et peut s'élever de 20 à 100 cm au-dessus de la surface.

Le fruit est une capsule cylindrique qui contient de minuscules graines.

Cette plante ne demande pour se développer qu'un sol humide, une exposition ensoleillée ou de la mi-ombre.
Moyennant quoi elle se développe très rapidement, doublant sa masse toutes les 2 à 3 semaines.
Disséminée en France au milieu du XIX ème siècle dans les régions landaise et languedocienne, sa prolifération s'est étendue vers le Nord, envahissant les lieux humides calmes jusqu'au au delà de la frontière belge.
La jussie qui rencontre des conditions favorables forme des herbiers très denses voire inextricables qui éliminent les autres plantes, notamment la myriophylle servant d'abri à la micro-faune, aliment de base des poissons.
L'écoulement de l'eau s'en trouve ralenti et les sédiments ou matières organiques transportés par l'eau sont ainsi piégés et viennent combler les fonds.
Des activités humaines sont perturbées : la navigation, l'irrigation, la pêche, etc...
Lorsque cette grosse masse de végétation se décompose, à cause du froid par exemple, il se crée un déficit en oxygène nuisible aux habitants des lieux.
Le pouvoir invasif redoutable de la jussie est dû surtout à la très grande difficulté, voire l'impossibilité de s'en débarrasser et cela pour plusieurs raisons :
- ses racines peuvent s'enfoncer jusqu'à 3 m dans le sol
- bien que le gel détruise ses parties aériennes ou semi-immergées, il suffit d'une partie de rhizome protégé par de la boue, sur les berges par exemple, pour que la plante survive.
- la plante se multiplie facilement par bouturage naturel à partir d'un fragment de tige qui régénère une plante entière
- la germination des graines, possible en laboratoire, doit constituer un autre moyen de multiplication
- Les animaux herbivores dédaignent cette plante qui ne fait pas partie de leur menu habituel
- les essais de désherbage chimique ne sont pas concluants.

Il existe en fait chez nous, 2 espèces voisines de jussie invasive : la ludwigia grandiflora ou ludwigia urugayensis et la ludwigia peploides ou jussiaea repens, elles ont des caractéristiques et propriétés semblables.

En conclusion, il est recommandé de ne pas utiliser la jussie comme plante ornementale en raison des risques de prolifération et de propagation incontrôlables.

Il existe d'autres espèces de ludwigia dont chez nous, la ludwigia palustris ou ludwigia des marais qui est une petite plante vivace basse ; ses tiges et ses feuilles sont teintées de rouge et elle produit de minuscules fleurs verdâtres sans pétales (aucun risque invasif avec elle).

jussie feuilles

Feuilles supérieures et fruit en formation avec calice velu ; à droite fruit un peu plus tard
fruit