inflorescence


Sur les milliers de graines émises, quelques unes seulement auront la possibilité de rencontrer les filaments d'un champignon microscopique particulier qui va tenter de s'en nourrir.
L'embryon d'orchidée se défend en produisant des substances antifongiques et dans quelques rares cas, un équilibre s'établit, il y a symbiose.
La partie de l'embryon non consommée par le champignon réussit à se développer et constituer une jeune orchidée en utilisant pour sa croissance, des aliments fabriqués par ce champignon qui tire également bénéfice de son association ; il restera d'ailleurs en contact étroit avec les racines de cette orchidée durant toute sa vie.
Il est donc illusoire de vouloir transplanter une orchidée chez soi, on ne prélèvera jamais suffisamment de champignon qui lui est associé.

L'ophrys mouche ou ophrys insectifera est une plante vivace qui pousse dans les bois clairs, les broussailles, les prés secs ou rocailleux, en sol calcaire ; il appartient à la famille des orchidées ou orchidacées.

La partie souterraine
est un tubercule vaguement arrondi.
Les 3 à 5 feuilles feuilles vert-glauque engainent la tige.

Cette plante grêle n'est pas toujours facile à repérer au milieu de la végétation ; cependant, lorsqu'elle est en fleur, on a un davantage de chance, mais il faut tout de même se trouver assez proche pour distinguer ses fleurs peu nombreuses.
Chacune comporte 3 sépales vert-jaunâtre, plus ou moins étalés. Le reste de la fleur imite la forme d'un insecte (une mouche pour simplifier) ; grâce à deux pétales brun-pourpre, très étroits qui simulent les antennes de l'animal et à une partie étalée appelée labelle, qui évoque les ailes et le corps.
Ce labelle brun-pourpre, très sombre par endroits, est d'aspect velouté. Ses lobes latéraux écartés sont en forme d'ailes. Le lobe médian, allongé et à base fendue, porte une tache centrale bleuâtre.
A la base de ce labelle, deux zones plus claires font penser à deux yeux.
Entre les deux "antennes" sont bien visibles les deux sacs à pollen (les polllinies), accrochées à un organe en forme de casque étroit.
Cet ophrys (comme tous ses congénères), est une plante hautement spécialisé qui, par l'apparence de ses fleurs et par les effluves qu'elle émet, attire uniquement les mâles de 2 espèces de guêpes et d'une espèce d'abeille.
Cette attraction déclenche un simulacre d'accouplement par l'insecte qui repart en emportant les polllinies accrochées à sa tête.
A l'occasion de la visite d'une autre fleur, il déposera involontairement le pollen sur la large surface du stigmate située sous les pollinies.
Cette plante est donc dépendante d'un animal pour assurer sa fécondation qui est dite croisée (le pollen d'une plante féconde la fleur d'une autre).

Les fruits sont des capsules qui, à maturité, laissent échapper des milliers de graines extrêmement petites, emportées par le vent, si petites qu'elles n'ont pas de réserves alimentaires comme celles des autres plantes. Ces réserves sont pourtant indispensables pour la germination, elles nourrissent la nouvelle plante en formation jusqu'à ce qu'elle soit autonome.
Pour survivre, les orchidées ont encore besoin de l'intervention d'un autre être vivant.

feuilles
Ci-dessus, les feuilles
Sur la photo de droite, sont bien visibles les deux pollinies entre les pétales en forme d'antenne et les pseudo-yeux : petites taches claires accompagnées d'un bourrelet à la base du labelle.
fleur